
Avoir du goût, c’est être particulièrement sensible aux rapports qui lient les parties au tout et à l’harmonie qui en résulte. C’est donc aussi l’aptitude à discerner les défauts d’une oeuvre d’art, puisque le goût implique un jugement. Il faut donc être capable de percevoir et de juger une technique, ce qui s’apprend, et laborieusement dans le domaine du parfum. C’est pourquoi la critique du parfum ne s’improvise pas plus que celles de la musique, de la peinture, de la littérature.


Le beau parfum est celui qui nous procure un "choc". Un choc sensoriel qui ébranle nos humeurs en première approche, mais suivi d’un choc psychologique d’autant plus durable que le parfum développe alors sa forme posément au fil d’une évaporation ralentie, de telle sorte que si cette forme est originale elle s’inscrira dans notre esprit qui ne l’oubliera pas et la reconnaîtra à la première nouvelle rencontre. Pour être belle cette forme devra répondre à notre attente de nouveauté et posséder les qualités fondamentales du grand parfum : caractère, vigueur, pouvoir diffusant, délicatesse, clarté, volume, persistance.